Avancée dans la lutte aux violences sexuelles : les CALACS voient leur financement augmenté

4 mars 2021

 Le Regroupement québécois des Centres d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel (RQCALACS) souhaite souligner, à l’approche du 8 mars – Journée internationale des droits des femmes, le récent rehaussement du financement de base des organismes qui travaillent à contrer les violences sexuelles.

En décembre et en janvier dernier, les Centres d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel (CALACS) recevaient, avec grand soulagement, la confirmation que le fonds d’urgence déployé en 2018 en plein cœur du mouvement #MoiAussi devenait récurrent. En plus de cette annonce, les CALACS apprenaient qu’un montant supplémentaire leur était octroyé afin de consolider leur financement de base.



« Nous avons accueilli cette nouvelle avec beaucoup d’enthousiasme et y avons vu un signe que notre société reconnait davantage l’étendue de l’enjeu social que constituent les agressions à caractère sexuel » souligne Stéphanie Tremblay, agente de liaison au RQCALACS. Cet investissement, le premier de cette ampleur depuis près de 20 ans, permettra une plus grande accessibilité des services et activités destinés aux survivantes, soutiendra le déploiement d’activités de prévention et de sensibilisation et favorisera la mobilisation des communautés autour de la lutte aux violences sexuelles.

Malgré les avancées que permet cette augmentation significative du financement des CALACS, les ressources restent malheureusement insuffisantes pour répondre à l’entièreté des besoins en matière d’intervention, de prévention et de lutte contre les agressions à caractère sexuel. En effet, plusieurs CALACS n’arriveront toujours pas à répondre à toute la demande en raison de la grandeur du territoire à couvrir, de la densité de population ou encore parce que leur ressource n’est pas adaptée aux réalités de toutes les femmes. De plus, certains territoires ne sont pas encore desservis par des ressources spécialisées, faisant en sorte que toute une partie de la population québécoise n’aura pas bénéficié de ce cet investissement. « Ce sont des communautés entières qui sont encore une fois oubliées; et c’est d’autant plus désolant que les personnes laissées pour compte sont parmi celles qui sont les plus visées par les facteurs sociaux qui rendent les femmes plus vulnérables face à la violence sexuelle » signale Josée Belisle, intervenante au CALACS Abitibi. Pour enrayer définitivement le problème des violences sexuelles, d’autres investissements devront être réalisés, et des changements structurels devront être entrepris.

Parmi ces changements on note, entre autres, l’amélioration de l’accompagnement des victimes dans le processus judiciaire. À ce titre, la récente annonce de la mise en place d’un groupe de travail visant à jeter les assises d’un tribunal spécialisé dans les causes d’agressions à caractère sexuel et de violence conjugale par le ministre de la Justice Monsieur Simon Jolin-Barrette nous interpelle grandement. Nous croyons que notre présence à ce groupe de travail est incontournable vu notre expertise auprès des victimes/survivantes de violence sexuelle et ce, en vue de soulever les enjeux liés entre autres à la prise en compte d’une analyse sexospécifique et intersectionnelle de la violence faite aux femmes, la formation des intervenant.e.s impliqué.e.s, l’accessibilité, etc.

En terminant, soulignons que les importantes avancées pour contrer les agressions à caractère sexuel sont le fruit direct de longues luttes féministes et ont été rendues possibles grâce aux voix des survivantes qui se sont levées à plus d’une reprise dans les dernières années. Pour poursuivre dans cette lignée, continuons, comme le propose à juste titre le thème de la Journée internationale des droits des femmes, d’écouter les femmes[1].

 

Pour information :
Stéphanie Tremblay
Agente de liaison au RQCALACS
[email protected]
514-346-5252

[1] https://www.csn.qc.ca/8mars/

 


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