Petit livre d'une grande conversation sur l'âge

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Petit livre d'une grande conversation sur l'âge

Petit livre d'une grande conversation sur l'âge

ISBN 978-2-9814454-0-7
Dépôt légal - Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2014
Dépôt légal - Bibliothèque et Archives Canada, 2014

 

 

De 2009 à 2013, mille femmes du Québec se sont rencontrées pour réfléchir autrement sur le vieillissement. Un grand projet d'art communautaire.

***

Le livre que vous tenez entre vos mains est le fruit d’un très grand arbre aux multiples branches et aux racines profondes !
Vous y retrouverez un florilège des paroles des centaines de femmes de 17 à 97 ans ayant participé entre 2009 et 2013 à notre projet d’art en communauté intitulé NOUS, les femmes qu’on ne sait pas voir!
Voici la petite histoire d'un grand projet de réflexion par l’art sur le vieillissement.

***

Le projet est né en 2009
à LA MARIE DEBOUT, le centre de femmes d’Hochelaga-Maisonneuve à Montréal. Celles qui fréquentaient le centre avaient
exprimé leur besoin de mettre sur pied un groupe de réflexion et d'actions collectives sur les conditions de vie des aînées trop souvent occultées et sur les
effets dévastateurs de la mystique de l'âge sur leur santé physique et mentale. Nous avons amorcé unerecherche sur l’état de la question et organisé deuxrencontres exploratoires avec les femmes afin devoir ensemble ce qu’il serait possible de faire.

Cachez ce vieillissement que je ne saurais voir !

Nous étions nombreuses à avoir l’impression de devenir invisibles à partir d’un certain âge : « je ne me reconnais pas dans les images véhiculées par
les ­médias ».

Les messages que nous recevons via la p­ ublicité ou les nouvelles nous incitent à craindre le vieilliss­ement comme la peste. Les femmes sont p­articulièrement affectées par mythe de l’Éternelle Jeunesse ; elles sont les premières ciblées par la lucrative industrie des produits raffermissants
et rajeunissants et ce, dès le début de la vingtaine !

Les messages peu subtils concernant le v­ieillissement suggèrent qu'à partir de 60 ans, voire 50 ans, une personne est sur son déclin physiquement et intellectuellement, qu’elle devrait prendre sa retraite et laisser sa place aux jeunes. Elle n’apprend plus rien, n’a rien à transmettre. Elle
n'appartient plus au monde du travail, au monde citoyen. Mise sur la voie de service de la retraite, deviendrait-elle bientôt un poids pour la société,
comme l'insinuent souvent les gros titres des journaux ?

Les médias sont souvent sensationnalistes et surtout alarmistes. Ils nous laissent croire qu’être vieille veut forcément dire être malade et attendre
la mort dans un CHSLD… et pourtant, la réalité est tout autre ! Les chiffres montrent que la grande majorité des personnes âgées vivent chez elles
ou dans leur milieu jusqu’à un très grand âge. Les chiffres montrent les grandes contributions qu’elles apportent à la société, en termes d’impôts, de travail bénévole, de soutien financier aux proches. Les chiffres montrent qu’il est faux de croire que ce sont uniquement les personnes âgées qui font augmenter
les coûts de notre système de santé, loin de là… Bref, la liste de désinformation est longue.

Tous ces préjugés nous révoltaient. D’abord parce que c’est tout à fait erroné ! Mais aussi parce que cette vision du vieillissement nie notre droit à un plein ­développement, à une pleine contribution à la société tout au long de notre vie. Ces idées stéréotypées qui affectent particulièrement les femmes ont pour
effet de rendre invisible la grande diversité des expériences. L'expression âge d’or s'applique de nos jours indifféremment aux personnes de 55 ans à 105 ans... On peut imaginer la grande variété de réalités qui se cache sous cette appellation plutôt floue !

C’est justement cette grande diversité que nous, les femmes qu'on ne sait pas voir, voulions rendre visible en créant des images qui nous ressembleraient enfin !


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